Histoire du Club
       

Quelques pages d'histoire

 

 La naissance du Stade Portelois.
Un passionné nommé Amour SERGENT.

 

Cité balnéaire reconnue, Le Portel regarde ses enfants jouer avec un ballon rond sur la plage avec de jeunes Britanniques. Le Portel ne dispose d'aucun terrain de football ...

 

Il faudra le charisme et le dévouement d'un certain Amour Sergent, commerçant bien connu sur la place porteloise, pour que les gamins bénéficient d'un relai auprès des décideurs de la commune.
Césaire Gournay, Maire et ami d'Amour Sergent, prête un terrain. Il faut toutefois une dérogation de la Ligue, car le fait de prendre une licence pour jouer au football n'est pas encore entré dans les moeurs à cette époque.
Avec une seule équipe, au lieu des deux réglementaires, Le Portel se lance dans la grande aventure de la 2ème Division de District.
Coup d'essai, coup de maître : le Stade est champion !
Ce coup de publicité suscitera de nombreuses vocations. Le public suit. C'est la fête du ballon rond. Le système D est déjà d'actualité : la petite famille organise une cavalcade et une tombola. Un petit trésor de guerre est déjà constitué.
Avec un Président omniprésent, qui surveillait les moindres faits et gestes de ses ouailles (même aux heures tardives ...), le Stade Portelois défrayait régulièrement la chronique au terrain des Glacis.

Les plus anciens se souviennent d'un premier  succès sur l'U.S Boulogne - alors en Division d'Honneur - ou de la fameuse finale contre les Cheminots pour l'accession en Division d'Honneur. Amour Sergent et son Comité ne se contentent pas de briller en championnat. Ils organisent des tournois et des challenges qui leur valent les félicitations des présidents successifs du District.
Le Stade est tellement reconnu qu'Amour Sergent est nommé membre du District.
Le Maire, également convaincu du potentiel du gaillard à motiver son prochain, le prend comme bras droit dans l'équipe municipale.
Le cumul des charges (membre du District, Adjoint et commerçant) devient trop lourd pour le père du Stade Portelois.
Amour Sergent passe donc le flambeau. La première page du Stade Portelois est tournée ...

Georges Thorel prend le relai.
L'enthousiasme n'est peut-être plus tout à fait le même, mais l'équipe a fière allure.
Dans l'opuscule de la Ligue, au chapitre " Coupe de France 1935-1936 ", on retrouve sur la photo des personnages qui ont fait beaucoup pour le renom du Club : les Grandin, Leduc (André), Volant, etc.
Bon an, mal an, le Stade Portelois reste l'une des équipes phares de la région.
Mais déjà, les canons tonnent : la guerre éclate !
Bien entendu, le sport perd singulièrement de sa vitalité dans la fameuse zone rouge.
Amour Sergent, devenu Président du District, organise un championnat pour les jeunes. Pas mal d'entre eux trouvèrent la mort sur ce qui restait du grand rectangle vert. Le Portel, complètement sinistré par les bombardements, Amour Sergent était évacué vers Samer. Son fils était déporté.
Fatigué, déprimé par l'absence de son fils André, Amour Sergent s'éteignait dans la cité des biches.
Le Stade Portelois se retrouvait orphelin.

La période noire.
Lionel SERGENT reprend le flambeau.
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Le Portel a payé un lourd tribut à la folie furieuse des hommes.
La ville, détruite à 85%, a d'autres soucis que le ballon rond.
Mais, c'est tout justement en semblable circonstance que le commun des mortels a besoin de penser à autre chose.
Le renouveau tient du miracle; où plutôt de la formidable volonté affichée par Lionel Sergent - l'un des fils du Président - et d'une poignée de fidèles stadistes, dont Hervé Bourgain, Eugène Sauvage, Henri Descamps.
Le terrain n'est plus qu'un amas de décombres en tous genres, truffés d'innombrables trous. Les valeureux portelois - dirigeants, joueurs, supporters - prennent pelles et pioches pour reconstituer une aire de jeu à peu près digne d'un terrain de football. Tout est lié à la bonne volonté de ces quelques portelois, car d'argent, il n'y a point.
Toutes les catégories sociales y vont du coup de main : Goulet est dentiste, Coppin, garde-prisonniers, Ledez, menuisier, Descamps, manoeuvre.
Comparées aux moyens de ces fervents rebâtisseurs, les réalisations sont impressionnantes : clôture intégrale en moellons, main courante et tribune couverte en ciment, cabine d'arbitre, douches et lavabos, et une superbe entrée à deux guichets ! Aussi, les prisonniers allemands ne sont pas étrangers à l'ampleur de la réalisation.
Le Stade Amour Sergent est passé du rêve à une merveilleuse réalité...

Très vite, les "Coco" Descamps, Antoine Blampain, Césaire Gournay, ou autre Pierre Duval s'illustrent en 1ère Division de District. C'est d'autant plus remarquable que de nombreux titulaires sont absents. Le Stade Portelois se maintient et prépare l'avenir. Eugène Blampain et Ziemba (ex-ES Boulogne), Abras et Caresse (Outreau), Charlie (Saint Omer) battent désormais pavillon portelois.
En 1947, le Stade Portelois accède à la Promotion d'Honneur Artois-Maritime-Picardie. Non seulement il s'y maintiendra, mais il multipliera les hauts faits d'arme. Dans la presse de l'époque, on relève des titres ronflant : " LE PORTEL, WATERLOO DE SAINT-OMER QUI SUCCOMBE PAR 4-2 ", " LE PORTEL BAT NETTEMENT MONTREUIL ", etc.
La fin du mandat de Lionel Sergent sera moins sereine. Personnage entier, il ne supporte pas que l'on puisse douter de sa bonne foi quant à la gestion du club. Dans le courrier, on retrouve de délicieuses missives entre le Président et André Fargues. C'est la guerre au sein du Comité. Lionel Sergent démissionne !

Avant de passer la main, il avait réalisé son rêve : fêter dignement le 25ème anniversaire du club devant 3.000 personnes à Amour Sergent. L'hommage au père fondateur avait été grandiose !

 

1948 

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30 ans de bénévolat.
André SERGENT prend le relais.

 

S'il fallait retenir une image d'André Sergent - le troisième larron de la famille à accéder au fauteuil de Président du Stade Portelois - ce serait celle de cette fameuse soirée du tirage au sort des 32èmes de finale de la Coupe de France.
Serein, un sourire presque narquois invariablement accroché aux lèvres, André Sergent, plus volontiers homme de l'ombre que président plastronnant, fut tout bonnement époustouflant.
Les caméras, la pression du direct, la maquilleuse ; il maîtrisait tout cela avec un détachement incroyable. En recommandant même aux lensois de bien se tenir ! Il était moyennement satisfait du tirage: "Bordeaux ou Nantes, çà aurait été bien mieux !"

La folie retombée, il restait le même homme. Certes, cette Coupe de France restera le plus beau souvenir de sa carrière de Président; mais c'est surtout le sentiment d'avoir "rempli le contrat" pendant 30 ans. Serein, il passera le relai en 1992 : "Il faut savoir se retirer. Quand j'ai repris le club, il n'y avait plus aucune structure. Avec patience, nous avons entrepris avec d'autres bénévoles (R. Ciotti père et fils, Léger, Meyns, R. Magnier, Varlet, Guyot, Coppin, Germe, Gournay, Leclercq, Herdier, Verlet, Dupont, Lepercq, Cavaleiro, Pouxberthe, Buttiaux) de reconstruire. Avec Arthur Vollant et Edouard Leroy, nous avons toujours accordé la priorité aux jeunes. On le voit aujourd'hui : l'école de football du Stade marche bien. Un club, ce sont de grandes joies et des peines, des décisions pas faciles à prendre. Je me souviens autant de la séparation d'avec Jacques Vitse que des accessions successives avec Jean Aubert".

Il était comme cela, le Président Sergent : pondéré, sobre, presque trop en retrait : "Quand nous avons failli accéder en 3ème Division, de nombreux conseillers nous avaient fait le procès de ne pas avoir assez osé. Ils n'étaient pas les payeurs. Je me refusais à plonger dans la spirale de l'argent. D'autres l'auraient fait. Pas André Sergent"!

Homme cultivé, faisant souvent référence à de grands auteurs pour replacer tel sujet, il aimait aussi les "coups de folie raisonnables"; comme ce petit séjour au "Lion d'Or" de Bayeux pour ses "héros"; ou encore ces repas inoubliables dans de bonnes brasseries parisiennes près des quais de la Seine, lors des tirages au sort de la Coupe de France à Paris.

Tel était le Président, tel était l'homme, heureux retraité pour qui le Stade Portelois n'était pas un jouet.

Ce n'est pas Gérard Vincent qui dira le contraire, lui qui l'aida à remettre les clés d'un club sain et respecté dans la région.

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De la "Régionale" à la "Nationale 4".
Les belles années Jean AUBERT.

 

Quand Lionel Sergent tire sa révérence en passant le relais à André Fargues dans un climat assez houleux, le Stade Portelois continue de bien figurer sur le plan régional. Mais, il ne parvient pas vraiment à prendre son envol. Pis, les résultats accusent une nette baisse de régime.

Le Stade réintègre la 1ère Division de District.
Bon an, mal an, le Club retrouve un peu d'ambition. Edouard Leroy a succédé à Arthur Vollant à la tête de l'équipe; c'est André Sergent, après René Magnier, qui arrive aux manettes en 1959. Le Stade Portelois retrouve des couleurs, réintègre la Régionale mais ne parvient pas à franchier le Rubicon !

En, 1973, grâce à Jean Nicolas, Jean Aubert - gardien de but de l'U.S. Boulogne - rejoint le Stade Portelois. Avant cela, le gaillard émigre durant deux saisons à Rinxent, puis revient à ses premières amours sous la férule de François Bourbotte, puis de Jean Prouff. Il joue alors dans le champ. C'est notamment l'époque du coup de coeur de l'USB contre le Stade Français en Coupe de France : 5-3.

 

 

Jean Aubert est de plus en plus tenté pour l'encadrement. Il passe ses diplômes d'entraîneur. Il coache l'équipe amateur de l'USB lorsqu'il devient un club professionnel. Puis, il rafle de nombreux lauriers avec les juniors. En 1970, Jean Aubert change d'air et passe deux saisons au SELB. Enfin, il arrive au Portel. "Parce qu'il y a beaucoup de bons jeunes". Il passe sa première saison porteloise avec l'équipe B. Puis, quand Edouard Leroy démissionne, Jean Aubert devient le mentor du Stade Portelois. C'est l'époque des F. Leprêtre, D. Leroy, J.C. Delporte, D. et J.G. Libert, J. Leroy, J. Ledez, F. Segond, D. Dubois, L.P. Bourgain, A. Joly, D. Descamps, etc.

Avec l'arrivée au premier plan de juniors comme J.P. Dagbert - le renard des surfaces -  J.P. Herbez - "Cigare", un gardien talentueux - R. Wadoux, C. Rappez, P. Guimard dès la deuxième saison, le Stade Portelois accède en Promotion.

Son potentiel augmente régulièrement. R. Wadoux, C. Gontier, M. Descamps et autre A. Boulanger viennent épauler des jeunes prometteurs : H. Magnier, D. Golliot, P. Lenelle, P. Ledez, B. Gobert, B. Noël.

Le Stade Portelois patiente une saison avant de rejoindre la Division d'Honneur. Il tourne à plein régime. J.P. Dupont et E. Gambart ont signé. La saison est magistralement bouclée avec cinq points d'avance. En Coupe de France, les fidèles se souviennent des merveilleux coups de coeur, de l'élimination par la grande porte contre Noeux - l'équipe d'un certain Gérard Houilier - et la victoire contre Abbeville à Amour Sergent : 4-2 ! Le Stade Portelois entre dans l'histoire.

La première saison en Nationale 4 n'est pas bonne : l'équipe est sauvée grâce à son public fidèle : plus de 1.000 spectateurs en moyenne par match ! La deuxième saison voit l'équipe se stabiliser. Elle se maintient sans problème.

Alors, Jean Aubert se dit qu'il peut passer le relais. Jacques Vitse succède ainsi à son beau-père.

C'est l'époque bénie, le match de Coupe de France qui se termine dans la pénombre contre les professionnels dunkerquois; avec Legagneur, Langlois, Casez, D. Ledez, E. Gambart, H. Magnier. Du Grand Stade Portelois qui peut jouer l'accession, sans trop y croire. Dans les rangs des dirigeants, on n'ose pas franchement en parler.

Parallélement, Boulogne a retrouvé des ambitions avec l'arrivée de Robert Sénéchal et de Bernard Souilliez. M. Cazet, D. Ledez, E. Gambart, H. Magnier et D. Langlois quittent le Club. C'est le début de la fin ! Le Stade Portelois a laissé passer sa chance. La descente aux Enfers commence! Elle se terminera en Première Division de District. Puis, c'est l'arrivée de Jean-Pierre Dagbert, qui reprend le flambeau technique; celle de Michel Vigneron comme Vice-Pésident et de Philippe Le Guen en tant que Secrétaire. Et la vie redémarre ...

 M

Avec "Sir" Gérard Vincent.
Stade Portelois rime avec tournoi.

 

Si un club fonctionne souvent grâce au dévouement sans cesse renouvelé d'une équipe, certains personnages ont un rôle prépondérant dans des domaines précis. Outre des qualités de trésorier, Gérard Vincent restera le créateur du Tournoi International de Pâques, qui a permis au Stade Portelois d'être connu dans de nombreux pays d'Europe, mais également en Afrique et aux Etat-Unis.

Tout comme son ami André Sergent, Gérard Vincent est un amoureux des bons mots. Par exemple, à l'occasion du 70ème anniversaire du Club, il exprime sa passion pour le football :

"Le Stade Portelois va célébrer cette année son 70ème anniversaire, respectueusement entouré de tous les siens, comme il sied à un vénérable patriarche : quel coup de vieux je viens de prendre, moi qui ai à peu près le même âge! Je viens de parcourir ma collection des programmes de cette manifestation (ndlr : le Tournoi International des 15 ans du Stade Portelois). Que de souvenirs! Que d'anecdotes oubliées me reviennent en mémoire! Comment, sans bourse délier, sans aucun budget, avons-nous réussi à obtenir de si brillantes participations ? Sous la houlette de notre Président, André Sergent, il était impératif de réussir avec peu d'argent. Montagnes himalayennes de lettres, centaines de coups de téléphone, copains en Grande Bretagne, amis-des-amis en Allemagne, en Belgique, aux Pays-Bas, ou d'ailleurs ... Presque toutes les nations d'Europe ont foulé la pelouse du Stade Amour Sergent. Et aussi des Algériens! Et voici que nos bouillants successeurs vont accueillir des Américains! Jeunes et ne doutant de rien!".

"Des dizaines de visages me reviennent en mémoire. Mais, au premier rang, figurent ceux du Stade Portelois, magnifique phalange de grognards qui râlaient, qui marchaient toujours, efficace machine bien huilée qui fonctionnait, façon commando, depuis le terrain jusqu'aux cuisines du Mont de Couppes!".

"Et, Dieu merci, il paraît que ça marche toujours!"

"Cette équipe est une source pratiquement inépuisable de dévouement et de travail, authentiquement bénévole. Suivant l'expression consacrée, je ne citerai aucun nom : ils se reconnaîtront eux-mêmes".

"D'autres visages, pour la plupart étrangers, émergent de la brume : Allemands, Britanniques, Hollandais, Italiens, Polonais, Portugais, Danois, etc. Tous ont goûté et apprécié l'hospitalité porteloise et la chaleur de nos troisièmes mi-temps!".

"En conclusion, j'aimerais faire un aveu destiné à soulager une conscience bien chargée : Moi qui ai toujours eu une sainte horreur des faux bénévoles, je dois avouer qu'à l'occasion de ces tournois, j'ai fait partie de cette engeance. En effet, je m'accuse d'avoir tiré profit des nombreux moments de joie et d'amitié passés au cours de ces journées! Je m'accuse d'avoir gardé, pour usage personnel, des dizaines d'amis et de copains, hors du territoire national, et d'en profiter encore à ce jour! Je m'accuse, par dessus tout, de m'être octroyé égoïstement un véritable ami, un presque-frère; je veux parler du plus franchouillard de tous les habitants de la perfide Albion, de celui qui préfère la Facon à la Guiness, qui donnerait 10kg de Blue Stilton pour un seul Pont l'Evêque bien à point; en un mot de ce Ron Dooley, Anglais mâtiné d'Irlandais - comme son nom l'indique - Membre d'Honneur du Stade Portelois. Lui aussi a beaucoup contribué à la réussite de ce tournoi dont il n'a pas manqué un épisode depuis vingt ans. Bloody football!"

"A l'année prochaine, je l'espère, mon bon vieux Tournoi. Puisses-tu célébrer un jour ton 70ème anniversaire comme ton père adoptif, ce cher Stade Portelois!".

 


Le Cendrillon de la Coupe de France.
Ils sont fous ces Portelois!

 

 

La Coupe de France est une épreuve incomparable. Dans la carrière d'un footballeur, elle est une folle épopée restant à jamais gravée. Au Portel, on sait effectivement ce qu'épopée folle signifie! Et pour cause : Le Portel est un des plus petits clubs ("Cendrillon") de l'Histoire de la Coupe de France.

Pensionnaire de 1ère Division de District (conséquence d'une saisissante descente aux Enfers) le Stade Portelois a réussi le tour de force d'atteindre les 32èmes de finale de cette compétition.

Pourtant, lorsque Jean-Pierre Dagbert - l'enfant du pays, l'un des canonniers les plus rusés sur lequel le Stade Portelois ait pu compter, dans la droite lignée d'un Coco Descamps - prit les rênes de l'équipe fanion, le Club n'avait pour seule ambition que de stopper l'hémorragie. Jean-Pierre Dagbert, lui, faisait ses premières armes. Il avait accepté de prendre la succession de Jacques Vitse pour rendre service au Club, mais il pensait que l'occasion se présentait trop rapidement. Cependant, le coach allait bénéficier de circonstances idéales pour faire passer ses convictions offfensives ...

En fait, il s'apprêtait à diriger une équipe intrinséquement supérieure à son niveau théorique. Les Delayen, Dourdin, Cazin, Ledez, Charles, Golliot, Caboche, Leprêtre, Lenelle, Mille, etc. valaient bien mieux que la 1ère Division de District! 

Ce qui allait être une aventure pas banale commence par une bonne entrée en matière contre Berck, club de même niveau. A la pause, Patrick Ledez, Thierry Caboche et Frédéric Leprêtre ont déjà frappé. Solide cylindrée de 1ère Division, Berck ne pourra même pas sauver l'honneur. A Saint Martin - qui évolue alors en Promotion - le Stade signe son premier exploit : 2-2 à l'issue du temps réglementaire. Au tirs au but, le gardien, Jean-Marie Delayen, s'illustre. Le Portel s'impose.

 

 

La fête continue à Amour Sergent avec Mazingarbe. Une toute petite fête puisque les Stadistes, pas assez motivés, doivent attendre les prolongations et deux buts signés Didier Charles et Thierry Caboche pour battre l'excellent portier de Mazingarbe. Le Stade Portelois accède donc au 4ème tour. 

On commence à parler des "petits" portelois dans les chaumières. Pourtant, quand le sort désigne les Nationaux de Hazebrouck, on se dit que l'aventure est terminée ... Mais, en terre nordiste, avec un Jean-Marie Delayen en état de grâce, les Portelois défrayent de nouveau la chronique : 1-1 à l'issue du temps réglementaire; puis, le portier portelois, survolté, arrête trois tirs au but ! C'est de la folie!

Acte 5 : c'est Coudekerque, une solide équipe de Promotion, qui vient à Amour Sergent, avec une réputation pas vraiment reluisante. De fait, les crampons volent haut. Et quand Loire marque dès la 17ème minute, les plus optimistes pensent que leurs favoris ne pourront pas revenir. 804 spectateurs assistent alors à une révolte Stadiste. Il faut attendre la 64ème minute pour voir Thierry Caboche égaliser. C'est l'euphorie dans le stade. Et la folie douce quand, à la 114 ème minute, Patrick Ledez glisse le ballon dans un trou de souris pour donner la victoire aux siens!

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Dans ce genre d'épopée, chaque match est capital et la victoire impérative. Dans la première partie de parcours, c'est assurément Hazebrouck qui constitue le plus haut fait d'arme. Jusqu'aux 32èmes de finale, ceux sont trois matches d'anthologie auxquels vont se livrer les hommes de Jean-Pierre Dagbert. Trois matches perdus d'avance : deux gagnés de très haute lutte, un perdu dans des conditions dantesques au Stade de la Libération.

 

 

Dimanche 18 décembre 1988. Noël n'est pas loin. Quinze jours plus tôt, le sort n'a pas été tendre avec les "petits". Il faudra donc affronter Fécamp, grosse cylindrée de Division 3 à Amour Sergent. Mission impossible.

Amour Sergent a retrouvé son faste d'antan. Plus de 2.000 personnes sont présentes pour un nouvel exploit des Stadistes. En mauvais présage, Fécamp a passé trois buts à Calais, en championnat. Contre le Stade Portelois, Naciri et Demouchy démarrent en trombe. Alors Dourdin et Cazin s'arrachent sur chaque ballon et Delayen jaillit comme un diable de sa boîte. Aussi, grâce à Golliot, insolent d'aisance technique, le Stade refait surface. Plus les minutes défilent, plus les supporters y croient. Un tir de Mendy sur la transversale freine à peine leurs ardeurs. C'est reparti pour une nouvelle séance de prolongations ... Tout comme face à Saint Martin, Mazingarbe, Hazebrouck et à Coudekerque, il faudra un petit coup de pouce de l'arbitre, pour que Golliot expédie, sur pénalty, le portier Fécampois aux pâquerettes!

Ils n'ont pas envie d'arrêter l'épopée! C'est ensuite le tirage en grandes pompes, à Paris. Dans la voiture qui les emmène dans la Capitale, c'est le délire total. André Sergent, Michel Vigneron, Jean-Pierre Dagbert et Maurice Descamps font et refont le monde : celui de la Coupe de France! "Un petit club, ce serait bien. On pourrait passer". Ou encore : "On a rempli le contrat; un grand club à la maison, pour mourir en beauté". Avenue d'Iéna, au siège de la Fédération Française de Football, dans une salle presque sordide, les gorges se nouent : ce sera Saint Lô; un autre club normand de Division 3, entraîné par l'ex-stéphanois,Alain Merchadier. Dans le pays, c'est de la folie! En pleine période de carnaval, c'est 14 autocars bondés qui prennent la route de Normandie. Les joueurs sont partis la veille. Ils sont logés au "Lion d'Or" de Bayeux. Une forme de récompense offerte par André Sergent et son Comité à leurs joueurs. Les Portelois trinquent en soirée à la santé de leurs adversaires. Ils ne doutent de rien. Le lendemain matin, Gérard Vincent a le casque. Pas à cause du Champagne mais plutôt du stress qui l'a empêché de dormir! Merveilleusement soutenus par leurs supporters grimés pour période de carnaval, l'équipe prend un bien mauvais départ, avec un but de Kumbundu à la 9ème minute. Mais, les hommes réagissent avec vigueur. Après trente minutes, la Falaise devient propriété porteloise! Thierry Caboche devient l'homme de l'égalisation. C'est de nouveau les prolongations. Et c'est encore Golliot, l'homme des pénalties, qui fera justice, après que Mille ait été descendu dans la surface. Le Stade Portelois entrait dans l'Histoire ! Il était le premier club de District a atteindre les 32èmes de finale de la Coupe de France!

Retour dans la Capitale! Avec l'entrée en lice des clubs de 1ère Division, c'est au Parc qu'a lieu le tirage au sort. Tirage par groupes, le Stade Portelois tombe avec Nantes, Bordeaux, Lens et le Paris Saint Germain. C'est Lens qui est sorti.  Le Président de la Commission salue l'affiche. Après avoir failli jouer à Calais, c'est finalement le stade de la Libération de Boulogne sur Mer qui est choisi.

Dans le Grand Boulogne du football, on ne parle plus que DU match de l'année. C'est de la folie au niveau de la location : les 11.000 places sont littéralement arrachées. 11.000! Les Portelois vont défier un club de D1 devant 11.000 supporters! Il faut remonter à 1961 et un certain Boulogne-Lille pour retrouver semblable assistance à la Libération. Tous les reporters TV défilent au Portel. André Sergent devient une star du petit écran ...

C'est le déluge en ce soir de février 1989. Pluie glaciale, vent fort, terrain totalement inondé : peut-on jouer? Ce n'est pas vraiment sérieux, mais Monsieur Salon dit oui. Et, si Oudjani glace encore plus le stade, (1-0, 5ème minute), Golliot l'enflamme à la 25ème quand, après une faute sur Frédéric Leprêtre, il égalise sur pénalty. C'est du délire! Malgré un autre pénalty, le Stade Portelois abdiquera finalement lors des prolongations. Pour le Racing, Hochart, Arsène et Oudjani se chargent de classer l'affaire. Qu'à cela ne tienne, malgré les sept divisions d'écart, l'ogre de 1ère Division a sérieusement tremblé. Une page somptueuse se ferme. Elle restera gravée à jamais.

 

Voir la fabuleuse épopée de la Coupe de France.

 

 

JUIN 1992 : Philippe Neyrinck arrive aux affaires.
Agerbeck, Sergent, Makengo suivent.

 

 

Philippe Neyrinck - ami de longue date de Michel Vigneron - arrive en 1992 après avoir été Président de l'USGB. Désormais, le Comité Directeur est composé de Michel Vigneron, Bernard Spradgron, Louis-René Painset et Jean-Marc Cappe. Quand il s'installe au commandes, il met les choses au point : "On ne va pas parler d'USGB ce soir. C'est le Stade Portelois qui m'intéresse. Nous avons des conceptions précises de la gestion d'un  club. Nous n'avons pu les mettre en application. Michel Vigneron a souhaité ma venue au Stade Portelois. J'ai relevé le challenge. Nous avons un potentiel intéressant. Nous ferons en sorte d'être les meilleurs avec les moyens existants; et ce, dans la foulée de l'excellent travail effectué par André Sergent et son équipe".

Quelques années plus tard, on peut effectivement dire que le Stade portelois est le deuxième club phare de la région; mais, le bilan n'est pas aussi bon que prévu, notamment pour l'équipe fanion qui a échoué à deux reprises dans sa tentative de montée en Division d'Honneur. Chez les jeunes, c'est excellent. C'est également pour cela que Philippe Neyrinck s'est piqué au jeu.

La première saison sera celle "déclarée" de la transition. Jean-Pierre Dagbert est toujours aux commandes. K. Lengagne, F. Sannier, R. Baugrand, E. Lerolland - tous de l'USGB - signent; ainsi que E. Seillier, de Rinxent. L'école de football, animée par Maurice Descamps, marche fort. Mais, comme prévu, les équipes seniors ne défrayent pas la chronique!

L'année suivante, Philippe Neyrinck annonce la couleur : après la transition, l'accession! Michel Vigneron, le "Monsieur Pub", fera en sorte que le Stade ait les moyens de sa politique. Alors, il faut recruter. Ainsi, le Stade Portelois réussit une bonne opération en faisant signer deux joueurs de Division 3 : le Danois Henrik Agerbeck, transfuge de Calais, et David Sergent, défenseur d'expérience. Pourtant, fin 93, les résultats de l'équipe première ne sont pas conformes aux espérances. Alors, Philippe Neyrinck reprend la filière calaisienne et fait signer un certain Makindu Makengo, dit Zabou. Avec lui, le Stade Portelois peut décemment croire à l'accession. Mais, la Ligue du Nord - Pas de Calais délivre sa licence, puis la retire, sur pression de nombreux clubs! Finalement le Stade Portelois ne réalise pas une mauvaise saison, mais n'accède pas en Division d'Honneur.

En juin 1994, on reparle d'accession lors de l'Assemblée Grénérale. Makego reste au club, tout comme Agerbeck. Changement notoire : Jean-Pierre Dagbert n'est plus chargé de manager l'équipe fanion, mais il reste au Club. Patrick Ledez le remplace.

Roches (Calais), Vigneron (Boulogne) et Magrit (Wimille) signent au Stade Portelois. En Coupe de France, le Club se reprend à espérer : il tombe le CRUFC à Amour Sergent. Cependant, l'équipe phare manque les rendez-vous importants de championnat. La trêve forcée et le manque d'assiduité de certains font tomber le couperet une nouvelle fois. Philippe Neyrinck et son staff sont terriblement déçus. Dommage, surtout que les jeunes se comportent bien dans leurs championnats respectifs et que l'équipe B des seniors accède en Régionale.

A l'orée de la saison 1995/1996, avec un budget de 600.000 F, le Stade Portelois est gonflé à bloc. Il repart à l'assaut. On reparle d'accession pour l'équipe première et (18 ans). Le Stade Portelois effectue un recrutement à l'échelon régional : Canat, Rivenez, Delpierre, Etienne (USGB), Flahaut (Lille), Utiel (Chalons). Sur le plan de l'encadrement, c'est du sérieux : 21 éducateurs diplômés, 2 BE1, 6 arbitres dont 4 formés au Club. Philippe Neyrinck confirme Patrick Ledez à la tête de ses fonctions. Bernard Latry rejoint le rejoint et s'occupe de l'équipe B, dont l'objectif est le maintien en Régionale.

Seulement, quelques mois plus tard, pour diverses raisons, le recrutement n'est pas avéré suffisant. Il faut l'arrivée de Daniel Fuchs et une reprise en main du Comité Directeur pour qu'un changeent radical soit opéré. 

 

 

 

JUIN 1998 : Michel Vigneron Président.
Après 11 ans de Vice-Présidence.

 

Changement dans la continuité !

Michel Vigneron est élu  le plus naturellement du monde à la tête du club après la démission de Philippe Neyrinck.

Compte tenu du recrutement, le Monsieur Sponsoring du Stade Portelois espère enfin décrocher le gros lot de la Division d'Honneur et s'y maintenir, ce qui conviendrait parfaitement au potentiel du club.

La confiance est laissée à Patrick Ledez. Jean-Pierre Ledez reste à la tête des "17 Ans" qui accèdent à la Division d'Honneur.

Aux côtés du Président Vigneron, on retrouve Bernard Spradbron, Daniel Damonez et Maurice Descamps.

En 1999, les arrivées de Saison et de Lenglet, des frères Penel, plus d'une base solide composée de Cogan, Lengagne, Guy, Dilly ; les frères Fournier, avec Rhomada, Marot et Parent, permettent à l'équipe fanion d'être sacrée championne à deux journées de la fin, avec un but de Lengagne à Grande Synthe, à la 87ème minute du dernier match de la saison !

Accession en Division d'Honneur après neuf saisons en Promotion d'Honneur : le Président Vigneron est comblé !

D'autres joueurs arrivent au Club : Descamps, Wyard, Rivenez, Duquesnoy, Maillard.

Pendant cinq saisons de Division d'Honneur, des joueurs permettront au Club de se maintenir à ce niveau : Leuregans, Delver, Penel, Maison.

En 2004, l'équipe phare descend en Promotion d'Honneur.

Puis, en décembre 2005, Michel Vigneron et le Comité décident de retirer ses fonctions d'entraîneur de l'équipe A à Patrick Ledez, en poste depuis une dizaine d'années !

Ludovic Bisson le remplace, assisté de Jean-Loup Etienne, titulaire du DEF.

Ce qui n'empêchera pas la descente en Interrégionale !

C'est une énorme déception pour le Président et l'ensemble du Comité ; mais, il est hors de question de baisser les bras ! Il faut rebondir vite.

Les entraîneurs recrutent localement, privilégiant la qualité, le mental et la jeunesse.

Tourniquet, Grandsire, Wyart, Lenglet, Jacob, Broquet arrivent.

Travail, respect, rigueur et ambiance vont permettre à ce groupe d'accéder à la Promotion d'Honneur ; avec, en prime, le 6ème tour de la Coupe de France, un quart de finale de la Coupe de la Ligue, et la place de premier des deux groupes d'Interrégionale.

 En 2007, un nouveau recrutement judicieux avec Artigas, Dubois, Leprêtre, Parpaillon, Troumelen, Paris et Aït Lafik permet de créer un groupe ambitieux de qualité, dans une ambiance exceptionnelle.

Dans les catégories des jeunes, les "13 Ans A" accèdent en Régionale de Ligue et les "13 Ans B" les remplacent en Elite ! 

 

Michel Vigneron passe le témoin à Jean-Luc Paris.
En juin 2008, après 10 ans de Présidence.

 

Cela faisait pas mal de temps que Michel Vigneron voulait quitter la présidence du Stade Portelois, simultanément avec Benard Spradbron, son vieux complice. Car le pouvoir use, fût-il celui d'un bénévole. Après une vingtaine d'années d'implication totale, Michel Vigneron a donc souhaité lâcher du lest. Comme tout nouveau retraité "surbooké", qui plus est avec sa descendance dans le Sud de la France, il ne peut plus répondre autant présent. Alors, Bernard Spradbron et lui-même ont soigneusement préparé leur succession. Mieux : ils passent les rênes quand tous les clignotants sont au vert avec une accession, une bonne situation financière et une ambiance de renouveau certain !

Mais, à des conditions bien précises : transmettre le flambeau à un repreneur sérieux, laisser un club sain, sportivement ambitieux.

Michel et Bernard restent néanmoins au Club et bosseront dans l'équipe de Jean-Luc Paris.

Au terme d'une saison très riche, voire exceptionnelle sur les plans du travail et de l'ambiance, Ludovic Bisson et Jean-Loup Etienne ont permis au Stade Portelois de retrouver le niveau qui fut longtemps celui du Club : la Division d'Honneur Régionale. Certes, y figure un "R" supplémentaire, mais le niveau est costaud.

Ludovic Bisson ayant décidé d'arrêter l'expérience porteloise, Jean-Loup Etienne sera donc le maître à bord. Mais, le Stade Portelois a eu la bonne idée d'appeler un "matelot" de la maison porteloise pour le seconder : Karl Lengagne, ravi de travailler avec celui qui s'est sérieusement assagi et qui s'éclate au Portel. Compte tenu du recrutement effectué à l'inter saison, c'est le maintien qui est visé. Arrivent au Club les Cazin (Conti), Thueux (Le Touquet), Perquy (Etaples). Reviennent les (Matthieu) Broquet et Douchain ! Exceptionnel : le groupe A n'enregistre aucun départ ! De nombreux jeunes viennent renforcer les équipes des 13, 15 et 18 Ans.

Pour cette saison qui s'annonce captivante dans toutes les catégories, le Comité Directeur du Club est composé de Jean-Luc Paris - Président, Michel Vigneron - Président Honoraire, Patrick Soudain - Vice-Président, Bernard Spradbron - Vice-Président Honoraire, et de Patrick Argentin - Trésorier.

 Le projet est séduisant. Jean-Luc Paris - qui a connu des heures difficiles en reprenant l'APB (Pont de Briques) - a mûri cette reprise : "J'ai aimé le projet global. Le Club est sain, sérieux, bien géré, avec des infrastructures remarquables. On travaille ensemble depuis trois mois déjà. La condition sine qua non était que Michel et Bernard restent avec moi pour assurer une bonne transition. Il ont accepté aussitôt, car ils ont Le Portel dans le sang. En plus du travail sur les jeunes, je ne conçois pas un club sans esprit de famille. On a ce qu'il faut pour bien bosser. Le retour de gars du coin va dans ce sens".